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 les Inclassables

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MessageSujet: ..... De Loi   Dim 24 Fév - 14:56

Le Tabac

A partir du 1er janvier, il est interdit de fumer dans tous les restaurants, bars-tabac, hôtels, discothèques et casinos. Ces lieux ouverts au public rejoignent ainsi les lieux de travail, les moyens de transport collectifs, les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et privés, ainsi que les établissements destinés à l'accueil des mineurs pour qui l'interdiction de fumer s'appliquait depuis un an déjà Tous les lieux publics sont donc désormais non-fumeurs. Le décret, voté le 15 novembre 2006, et approuvé par 4 français sur 5, veut empêcher la cohabitation des fumeurs et des non-fumeurs.



D'après des prévisions rendues publiques par le Comité national de lutte contre le tabagisme (Cnct), la mise en place de cette loi dans les cafés, restaurants, discothèques et bars pourrait éviter 5.000 à 7.000 cas d'infarctus en France, alors qu'il en survient 120.000 par an. Chaque année, 66000 personnes sont victimes de leur consommation de tabac et 5000 autres du tabagisme passif. Pour continuer à fumer désormais, les clients des bars devront se retrancher sur une terrasse non couverte, ou avec la façade ouverte, ou dans un endroit clos et ventilé, prévu à cet effet. Une pièce à laquelle les mineurs de moins de 16 ans n'auront pas accès.



Rappelons enfin que les fumeurs qui braveront cette interdiction seront passibles d'une amende de 68 euros. Il en coûtera au minimum le double au responsable ne faisant pas respecter la loi dans son établissement. Pour lui, l'amende forfaitaire est fixée à 168 euros, et peut s'élever jusqu'à 750 euros.
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MessageSujet: Lettres   Dim 24 Fév - 14:57

Guy Moquet

Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
*****************
Un héros de la Résistance française
Lorsque son père, député communiste, est déporté dans un bagne en Algérie en 1939, Guy Môquet, alors âgé de 16 ans, décide d'entrer dans les Jeunesses communistes. Arrêté un an plus tard lors d'une distribution de tracts clandestine à Paris, il est transféré, malgré son acquittement, au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique).

Le jeune homme est fusillé le 22 octobre 1941, avec 26 autres prisonniers du camp, en représailles au meurtre d'un officier allemand. Avant de mourir, il écrit une lettre à ses parents dans laquelle il espère que sa "mort serve à quelque chose". Une station du métro parisien et de nombreuses rues portent aujourd'hui son nom.
******************
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

Guy

Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"


(tiré du journal Le Monde)
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Dim 24 Fév - 15:00

Ingrid Bettancourt

«Ici, nous vivons comme des morts»


« C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie
brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal
physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux
me tombent en grandes quantités
Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie
de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut
mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs.
Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire
quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité
intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en
procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.
Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que
j’ai est très vieille et abîmée.
Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils
m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce
n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai
besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est
l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne
m’importe plus(…).
Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de
temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert
d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me
permet de penser que j’ai une maison.
J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes
vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte
en courrant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont
l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger
[pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu
n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai
l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à
la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd
et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils
me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je
portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste,
cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus
pour me couvrir.
Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule
femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise,
bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus
le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui
aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé
les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je
fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très
mal.
Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un
peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins
possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de
tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans,
est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous
chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la
dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas
[neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon
papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris.
Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été
racontés par Pinchao. Tout est dur.
Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma
vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas
couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et
mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan
Carlos, son mari].
Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici,
tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour
apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau.
Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la
mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en
pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me
disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ».
Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su
comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre,
une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il
est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans
mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de
messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis
Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons
été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer,
mon frère (…).
J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je
leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire
une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la
réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe
quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un
gâteau et je leur célèbre dans mon coeur, leur anniversaire.
A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la
constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la
maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je
partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis
heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais
conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT.
Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...).
Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla
qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me
le promette.
(...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que
moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est
pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la
perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour,
que tu te prépares à arriver au sommet.
A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux
bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon
coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma
source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout
me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin
pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion.
C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur
cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon
papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par
hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212
Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit
être comme ça. Et je l’ai gardé.
La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est
grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi
par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour
avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour
modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su
plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va
avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).
A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit
prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement,
que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la
certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants
d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence
qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur
favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te
l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu
comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta soeur sont nés : je t’ai
toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne
sont que des formalités.
(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa
souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi.
(…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuis, sur ses épaules, je pleure, qu’il est
mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend
forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de
respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)
A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout
d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première
année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai
besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras
et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon
coeur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je
pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou
« ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la
radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable,
pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour
l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme
ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a
fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par
un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années
ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un
sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.
Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de
nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été
comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne
sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire
qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines.
Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les
esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur
n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt
le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand
Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en
Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités
demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts
économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la
liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le
collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre
type d’intérêt.
En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes
et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de
grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand
nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des
nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus
solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus
compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous
voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les coeurs. Mais les
coeurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des
sentiments élevés.
Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont
contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas
tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous
les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du
Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].
Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire
tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon
admiration. Nos vies sont là, dans leur coeur, que je sais grand et valeureux.
[elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva,
Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne
des journalistes].
Mon coeur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus
obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre
liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire
du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.
Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne
connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu
qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su
supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses
enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à
se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche
toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec
mon coeur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme
disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été
terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans
l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des
morts.
(...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a
ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien
de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de
tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.
Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je
continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les
mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais
qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous
nous sommes sentis des êtres humains (...).
Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps
que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que
Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous
recouvre. Pour toujours et à jamais.
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Lun 25 Fév - 23:00

Guy Hoquet

"Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,

Je vais faire faillite ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman qui t'étais portée caution solidaire de mon prêt à la création d'entreprise, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui vont être poursuivis par mes créanciers. Certes, j'aurais voulu continuer mon activité et empocher des commissions de 20 000 euros. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que mon dépôt de bilan serve à quelque chose.

Je n'ai pas eu le temps de me taper Sophie du service location. J'ai niqué Stéphanie et Angélique de l'accueil mais hélas il en manque une à mon tableau de chasse !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées. Mon mètre laser, mes pancartes "à vendre" et mon appareil photo numérique pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les utiliser un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. C'était bien courageux de votre part d'accepter que la banque prenne une hypothèque sur votre maison en garantie de mon découvert de 100 000 euros. Sache que j'ai fait de mon mieux pour mettre le maximum d'argent à l'étranger.

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour avoir plus tard un métier plus respectable que le mien.

7 mois et demi, ma carrière d'agent immobilier a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous pour rejoindre l'Argentine. Je me casse avec mes confrères Tintin et Michel qui avaient la franchise Century21 du coin de la rue. Ils ont aussi des problèmes avec l'URSSAF.

Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je viens de repérer la voiture d'un huissier de justice qui tourne dans le quartier. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur. Courage ! Je vous donnerai des nouvelles de ma cavale.

Votre Guy Hoquet immobilier qui vous aime"
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Lun 25 Fév - 23:02

pas mal, pas mal, si tu en as d'autres comme cela Smile
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Ven 14 Mar - 8:50

Déclaration des droits de l'Enfant

Les dix principes

Article 1:
L'enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur toute autre situation, que celle qui s'applique à l'enfant lui-même ou à sa famille

Article 2:
L'enfant doit bénéficier d'une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l'effet de la Loi et par d'autres moyens afin d'être en mesure de se développer d'une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté. Dans l'adoption de Lois à cette fin, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération déterminante.

Article 3:
L'enfant, dès sa naissance, à un nom et a une nationalité.

Article 4:
L'enfant doit bénéficier de la sécurité sociale. Il doit pouvoir grandir et se développer d'une façon saine; à cette fin, une aide et une protection spéciales doivent lui être assurés ainsi qu'à sa mère, notamment des soins prénatals et postnatals adéquats. L'enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et des soins médicaux adéquats.

Article 5:
L'enfant, physiquement, mentalement ou socialement désavantagé doit recevoir le traitement, l'éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation.

Article 6:
L'enfant, pour lépanouissement harmonieuse de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d'affection et de sécurité morale et matérielle; L'enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n'ont pas de moyens d'existence suffisants. Il est souhaitable que soit accordées aux familles nombreuses des allocations de l'Etat ou autres pour l'entretien des enfants.

Article 7:
L'enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d'une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permette, dans des conditions d'égalité, de chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales, et de devenir un membre utile de la société. Lintérêt supérieur de l'enfant doit être le guuide de ceux qui ont la responsabilité de son éducation et de son orientation; cette responsabilité incombe en priorité à ses parents.
L'enfant doit avoir toutes possibilités de se livrer à des jeux et à des activités récréatives, qui doivent être orientés vers les fins visées par l'éducation; la sciété et les pouvoirs publics doivent s'efforcer de favoriser la jouissance de ce droit.

Article 8:
L'enfant doit en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours.

Article 9:
L'enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d'exploitation. Il ne doit pas être soumis à la traite sous quelque forme que ce soit. L'enfant ne doit pas être admis à l'emploi avant d'avoir atteint un âge minimum approprié; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre une occupation ou un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation, ou qui entrave son développement physique, mental ou moral.

Article 10:
L'enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination racilae, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination. Il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu'il lui appartientde consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables.

Déclaration adoptée par l'Assemblée Générale des Nations unies, le 20 novembre 1959.
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Sam 22 Mar - 8:29

Brigitte Bardot

"Monsieur le Président,

Depuis plusieurs années, j'interviens, sans grand succès hélas, auprès du gouvernement français pour lui demander de réagir auprès des autorités chinoises afin de protester contre les actes de cruauté perpétrés en toute impunité, parfois même encouragés, par le régime de Pékin.

Que la France, berceau des Droits de l'Homme, se taise pour ne pas compromettre la signature de contrats m'écoeure et me fait honte, il me paraît donc légitime de me faire le porte-parole des citoyens, laissant nos politiques se faire les porte-paroles des économistes !

La Chine est actuellement sous les feux de l'actualité pour deux raisons bien différentes : d'une part, la terrible répression exercée à l'encontre du peuple tibétain qui réclame, en toute légitimité, l'autonomie de son pays et, d'autre part, l'organisation des prochains Jeux Olympiques.

Je suis déjà intervenue auprès du CIO pour dire combien il était injuste de mettre à l'honneur la Chine, pays qui ne peut être associé aux valeurs des JO dont la charte énonce « le respect des principes éthiques fondamentaux universels ».

D'ailleurs, pour l'organisation de ces jeux, les autorités chinoises n'ont pas hésité à déplacer des populations entières, à détruire des quartiers anciens pour édifier des stades et autres équipements sportifs. Des milliers de Chinois ont été plongés dans la détresse et des milliers d'animaux ont été condamnés à mort pour faire place nette... c'est scandaleux !

En plus des violations aux Droits de l'Homme, la Chine est la terre de toutes les souffrances animales. Nous connaissons l'horreur des élevages de chiens et de chats et leur abattage dans des souffrances indescriptibles, un « spectacle »insoutenable, indigne de tout être humain qui se respecte. Egalement, l'exploitation cruelle d'ours pour leur bile dans des fermes de la honte, où les malheureux animaux vivent dans des cages, un cathéter enfoncé directement dans leur vésicule pour prélever la bile...

Mais la cruauté semble n'avoir aucune limite en Chine comme en témoignent différents rapports sur l'élevage et la mise à mort des animaux pour leur fourrure. J'ai vu ces images monstrueuses où des renards, des chiens viverrins étaient assommés à coups de gourdins ou projetés avec force contre le sol. Les images de ces animaux encore conscients à qui l'on arrache la fourrure, se tordant de douleur une fois écorchés, me hantent et me révoltent au-delà de ce que vous pouvez imaginer.

Si dans la mythologie chinoise la sagesse est représentée par 3 singes dont la devise est « ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire », cette devise est reprise aujourd'hui par tous ceux qui ne font preuve d'aucune sagesse mais d'une totale lâcheté !

Je suis consciente que nous ne pouvons pas demander à nos athlètes de boycotter ces jeux qui sont, pour certains, l'aboutissement de leur carrière. Alors je vous demande, Monsieur le Président, de soutenir le boycott de la cérémonie d'ouverture.

C'est un symbole fort, un refus de cautionner et d'accepter l'inacceptable. Si nos politiques sont prêts à toutes les compromissions, toutes les soumissions, l'espoir peut alors venir des sportifs, qui portent en eux des valeurs de respect et de dignité.

C'est donc une supplique que je vous adresse aujourd'hui, en mon nom propre et celui de ma Fondation qui a pour unique membre d'honneur le Dalaï Lama.

Je compte sur vous et vous assure, Monsieur le Président, de toute ma considération.

Brigitte Bardot, Présidente"
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Sam 22 Mar - 21:17

Victor Hugo, lettre à Léonie Biard


Samedi - trois heures du matin.

Je rentre. J'ai ta lettre. Cette douce lettre, je l'avais lue aujourd'hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s'épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.

Oui, j'avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m'enivre. Comme j'étais fier en te voyant si belle ! Comme j'étais heureux en te voyant si tendre !

Voici une fleur que j'ai cueillie pour toi. Elle t'arrivera fanée, mais parfumée encore ; doux emblème de l'amour dans la vieillesse. Garde-la ; tu me la montreras dans trente ans.

Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n'est-ce pas, mon ange, comme aujourd'hui, et nous remercierons Dieu à genoux.

Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d'ici là ? Penser à toi, t'aimer, t'envoyer mon coeur et mon âme. Oh ! de ton côté sois à moi ! à lundi ! - à toujours !
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Sam 5 Avr - 21:34

Lettre de George Sand à Alfred de Musset.

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.

Votre poupée


(lire entre les lignes...)
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Sam 5 Avr - 22:05

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Alfred de Musset



Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

George Sand
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Sam 5 Avr - 22:06

c'est beau...
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Jeu 3 Juil - 19:59

Ingrid Betancourt

Ingrid Betancourt a été libérée le mercredi 2 juillet 2008 aux alentours de 21h15. Bienvenue parmi nous Ingrid Smile
Longue vie à toi et une pensée à ton combat pour que cessent ces enlèvements inhumains.
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MessageSujet: Re: les Inclassables   Mar 7 Oct - 18:07

De Didpapa, merci beaucoup, j'ai trouvé ce truc excellent^^

Dans un avenir proche ?

Standardiste :
-- Speed-Pizza, bonjour.
Client :
-- Bonjour, je souhaite passer une commande s'il vous plaît.
Standardiste :
-- Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?
Client :
-- Mon Numéro d'Identification National ? Oui, un instant, voilà, c'est le 6102049998-45-54610.
Standardiste :
-- Je me présente je suis Habiba Ben Saïd. Merci Mr Jacques Lavoie. Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de téléphone le 04 68 69 69 69 . Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durand est le 04 72 2... et votre numéro de téléphone mobile le 06 06 05 05 01. C'est bien ça, Monsieur Lavoie ?
Client (timidement) :
-- oui !!
Standardiste :
-- Je vois que vous appelez d'un autre numéro qui correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu'il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp+88.
Client :
-- Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces informations ?
Standardiste :
-- Nous sommes connectés au système croisé, Monsieur Lavoie
Client (Soupir) :
-- Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.
Standardiste :
-- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur Lavoie.
Client :
-- Comment ça ???...
Standardiste :
-- Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension et d'un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue la société qui l'assure risque d'appliquer une surprime.
Client :
-- Aie ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...
Standardiste :
-- Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que vous l'adorerez.
Client :
-- Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?
Standardiste :
-- Vous avez consulté les "Recettes gourmandes au soja" à la bibliothèque de votre comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix a fait, avant hier, une recherche sur le Net, en utilisant le moteur "_http://www.moogle.fr"_avec comme mots clés soja et alimentation. D'où ma suggestion.
Client :
-- Bon d'accord. Donnez-m'en deux, format familial.
Standardiste :
-- Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150 mg de Phénylseptine par 100 g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La
législation nous interdit donc de vous livrer. En revanche, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.
Client :
-- Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.
Standardiste :
-- Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce qu'indique le Credicard Satellis Tracer.
Client :
-- J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n'arrive.
Standardiste :
-- Ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.
Client:
-- Mais ?... Ce n'est pas vos oignons ! Contentez-vous de m'envoyer les pizzas ! J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?
Standardiste :
-- Compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.
Client :
-- Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?
Standardiste :
-- Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l'Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs j'attire votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous avez, en effet réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix n'êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.
Client :
-- @#%/$@& ?# !
Standardiste :
-- Je vous conseille de rester poli, Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d'un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2009 pour outrage à agent.
Client (sans voix) :
-- ...
Standardiste :
-- Autre chose, Monsieur Lavoie ?
Client :
-- Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas, conformément à votre pub.
Standardiste :
-- Je suis désolée, Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15 % de remise sur une adhésion flash au contrat Jurishelp, le contrat de protection et d'assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce. Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie, née Girard depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l'achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d'une boîte de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à usage intime. À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 EUR de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois veuillez éviter les pratiques susceptibles d'irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité.
Bonsoir Monsieur et merci d'avoir fait appel a Speed Pizza.

mdrr...
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